Amis lecteurs, salutations !
Dans le camp des départs en vacances, cette année j'ai choisi de faire partie du clan des Juillettistes et vu que j'ai dévoré un petit tas de livres sympathiques je me suis dit que ça pouvait être utile pour vous, chers Aoutiens, qui cherchent peut être des idées de lecture sur la plage ou le téléphérique si vous préférez la montagne.
Histoire d'éviter le 7e coup de soleil de la 9e chambre de Shaolin, j'ai passé du temps à l'ombre et j'ai épluché quelques bouquins très chouettes. Chaussez vos lunettes, on est partis !
Au menu de cet été, il y avait :
- Chasse Royale - Les Rois du Monde, Deuxième branche, de Jean-Philippe Jaworski.
A mettre dans les mains de tous les amateurs de nature et de jeu de rôle grandeur nature.
Le premier tome de cette série s'appelle "Même pas mort", et je l'avais lu il y a quelques mois. L'ambiance (peuples celtes, mythes et récits guerriers) n'était a priori pas du tout ma tasse de thé, mais j'ai beaucoup accroché à l'histoire et surtout j'ai trouvé le premier tome très poétique. Autant que des récits de bastaille, des descriptions de sang coagulé et des combats à mort peuvent l'être, j'entends. Mais j'ai retrouvé le sentiment d'être parfaitement dépaysée dans les descriptions de forêts, d'environnements brumeux, et de bruits de nature que j'ai eu plus jeune en lisant le Seigneur des Anneaux. La comparaison est certainement très faussée, le ratio histoire / descriptifs étant nettement plus intéressant (et supportable) chez Jaworski.
J'ai eu du mal à reposer ce deuxième tome : entre l'environnement prenant, l'histoire qui prend énormément de profondeur et la narration qui rend l'ensemble extrêmement intéressant j'ai dû manger les 282 pages en deux jours. Le format de l'édition des Moutons Electriques doit aussi y être pour quelque chose : entre le papier qui sent bon, la couverture agréable au toucher et la police de caractères utilisée pour marquer les pages c'est un vrai régal.
- L'histoire du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas.
A mettre dans les mains de tous les copains qui vont déménager à la rentrée.
Une excellente lecture de train (3h maximum). Je dois avouer que je me suis laissée avoir par le design de la couverture, qui est totalement génial, et par le fait que beaucoup de gens que je fréquente m'en avaient parlé. L'écriture n'a rien d'exceptionnel, il n'y a pas particulièrement de recherche en termes de vocabulaire ou de narration et pourtant le cocktail vitaminé fonctionne. Le personnage principal est bien croqué, a plus de profondeur qu'il n'y paraît et l'histoire - sous couvert de légèreté et du côté fantasque de l'intrigue - touche un certain nombre de sujets plus ou moins drôles. Du fakir qui fait un aller-retour à Ikea pour investir dans un lit à clou en petit pin suédois, on fait un tour dans l'univers de la misère humaine, dans le désert sentimental et un bon panorama d'émotions. Ce qui est un pari plutôt réussi et divertissant, si vous avez un train à prendre et du temps à tuer.
- The Broken Eye de Brent Weeks, The Lightbringer Series tome 3.
A mettre dans les mains de tous les amateurs de fantasy / SF / ninjas / personnes que vous voulez convertir à la fantasy de votre entourage.
Le troisième tome d'une excellente série de Brent Weeks. Cet écrivain a le don de donner envie de faire du jeu de rôle dans chacun des univers qu'il crée. J'ai promené le livre partout : dans le métro, au bureau, dans le sac à dos du strong silent type, dans mon lit, sur mon canapé, dans le bus (mauvaise idée...), au fond de mon sac à main, à la plage et aux toilettes. Je sais que je ne suis pas la seule, et c'est aussi à ça qu'on reconnaît un excellent livre.
L'histoire est ... pouh ! Agrippante. Il y a tout : les personnages principaux auxquels on s'identifie très facilement, les méchants machiavéliques très machiavéliques, des intrigues à tiroirs et à fond cachés et à caches secrètes au dos des fonds cachés, des histoires de famille et surtout une idée absolument brillante sur lequel s'articule tout ces univers. La magie n'est pas une affaire de potions ou de mana : c'est une affaire de couleurs. Les "magiciens" (drafters, ceux qui peuvent isoler une couleur du spectre pour la matérialiser en objets, ou autres) ne sont pas une caste à part, et chacune des "couleurs" a des propriétés différentes. Ajoutez à ce cocktail une couche de politique, entre les couleurs et les nations. Excellent. Et pour les amateurs de gros livres, vous avez minimum 350 pages pour vous occuper à chaque tomes. Si tout va bien, le quatrième tome devrait arriver bientôt et je dois dire que cette nouvelle m'enchante totalement.
- Haut Royaume, L'Héritier (tome 2) de Pierre Pevel.
A mettre dans les mains de tous les amateurs de littérature, de chevaliers et de Game Of Thrones (comme ça ils découvriront autre chose qu'une fausse bonne idée pas super bien écrite).
Je suis d'une objectivité crasse : je trouve que tout ce qu'écrit Pierre Pevel est fantastique. Cette plume, ce phrasé, cette imagination sans cesse renouvelée dans un style qui lui est propre et qui pourtant s'adapte à chaque univers de romans : je suis fan. Il s'agit du deuxième tome (là encore) de la série Haut Royaume, qui faisait partie des livres que j'avais terriblement envie de lire pendant les vacances. Pour être parfaitement honnête, j'avais lu le premier temps quasiment en même temps que la trilogie de Wielstadt et j'ai dû mélanger légèrement les deux intrigues donc la reprise a été un peu étrange pendant les premières pages le temps de raccrocher les wagons.
Le récit est épique, le personnage principal intéressant pour de nombreuses raisons et il s'agit d'un livre tout en nuances. Les méchants ne sont pas tout méchants, et les gentils pas blancs comme neige, puisque la part d'ombre et de lumière (selon l'expression consacrée) s'affrontent chez chacun des protagonistes. Encore une série pour laquelle je fonde de grands espoirs, la fin du livre m'ayant laissée avec l'envie de connaître la suite des plans du dragon du destin. Oui, il y a des dragons mythiques.
- Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel.
A mettre dans les mains des amoureux de Paris, de la construction de la Tour Eiffel, et d'Hercule Poirot.
Aaaaah ... Paris, ses grands boulevards, ses moteurs à explosion, ... ses fées, ses gnomes et ses chênes causants. On suit les aventures de Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage de son état, dans les différents mondes qui cohabitent à la Belle Epoque enchantée du sieur Pevel. Entre l'OutreMonde, l'Onirie et le monde des humains, le mage enquête sur un trafic d'objets enchantés qui l'amènent à croiser une flopée de personnages hauts en couleurs : la baronne de Saint Gil, un chat ailé du doux nom d'Azincourt qui affecte un accent britannique, et autres titis parisiens de tout poil.
En dehors de l'intrigue bien ficelée qui tient en haleine, et où on attends le rebondissement à chaque page, on sent que le livre est écrit par un amoureux de Paris. Je ne sais pas trop ce qui me fait écrire ça, mais c'est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés avec mon strong silent type. C'est probablement un mélange de descriptions, d'ambiance et de discours mais je trouve qu'on est très facilement transportés dans l'époque et qu'on sent que c'est un environnement qui résonne beaucoup chez Pevel. Une excellente lecture, bien évidemment partie trop vite, mais les prochains tomes arrivent dans quelques jours (youpie) !
J'espère que cet article de rat de bibliothèque vous a plu, et qu'il peut vous inspirer pour lire de nouveaux types de livres.
Que comptez-vous lire pendant les vacances ?
- Playne.
samedi 1 août 2015
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