mercredi 14 mai 2014

Cogito du ciboulot #1 : Moins, mieux.

Bonjour,

Je ne suis pas spécialement fan des Daft Punk, même si mon titre fait un peu penser à "Harder, Better, Faster, Stronger". Mais il m'arrive de produire un jus de cerveau très concentré comme l'indique cette nouvelle catégorie.
Qu'est ce que ça veut dire : "Moins, mieux" ? Dit comme ça, ça sonne juste comme un "Less is more" pas très concret.
Depuis quelques temps (enfin, non, depuis le début de mon premier CDI - soit octobre dernier pour être précise) je m'interroge sur un sujet aussi vaste que le "qu'est ce que je veux faire de ma vie ?".
C'est certainement un effet de mon âge avancé (25 ans pour le moment, vous pensez bien que ça me travaille), ou le fait d'avoir passé quelques étapes : la fin des études, le premier appartement (ou presque), le premier job, la relation stable, tout ça... Le fait est que ça turbine activement dans mon ciboulot.

Quand ça ne tourne pas à plein régime sur la façon de boire mon thé en position semi-assise sans en renverser partout, mon cogito intérieur se porte sur ce qui est le plus important.
Parce que j'ai du mal à répondre à la question. A pouvoir affirmer de façon très tranchée que ce que je fais la majeure partie du temps c'est le plus important.

Non, c'est pas ça ? Encore raté, caramba !
N'en déplaise à mes futurs recruteurs, mais j'ai de plus en plus de mal à voir le travail comme la seule source d'épanouissement qui s'offre à moi. Qu'il s'agisse d'une évolution dans ma relation à l'autre - quoique j'ai développé des trésors de patience récemment - d'un progrès sur le plan physique - ce n'est pas le fait de passer 8 à 10h assise devant un bureau qui va m'aider à courir un marathon ou à soulever mon propre corps un jour, ou sur le plan émotionnel.
J'apprends plus en lisant divers bouquins et blogs, en parlant à mes proches (famille et amis confondus) et à débattre avec mon strong silent type qu'en compilant des données. Le but n'est pas le même, certes. Sauf qu'à y réfléchir, je n'ai pas spécialement envie dans 10 ans de n'avoir qu'un poste à raconter, et aucune passion. Rien qui ne me fasse vibrer, et qui me permette de penser que j'ai un impact positif - ou à défaut pas trop néfaste - sur le monde qui m'entoure.
Un peu comme les personnes auxquelles quand on leur demande "Et tes vacances c'était comment ?" embrayent sur "J'ai beaucoup marché, du coup ça m'a fait penser au dossier X, tu as pensé à faire les modifications de la page 45 ?". Devenir comme ça, c'est plus ou moins ma grande hantise.

Réfléchir un peu sérieusement à l'éternel "tu veux faire quoi quand tu seras grande ?", question qui ne trouvera probablement jamais de réponse puisque je vois mal comment je vais faire pour dépasser le mètre 62 1/2 auquel je culmine depuis mes 15 ans - c'est un peu se recentrer sur l'essentiel.

Faire le vide, en quelque sorte.

A appliquer ensuite, c'est une autre paire de manches. J'ai la chance de ne pas être spécialement endettée, d'avoir des perspectives professionnelles encore ouvertes, et d'être entourée dans ma sphère privée de belles personnes. Ceci dit, quelques choses me posent réellement question.
Est ce que j'ai vraiment besoin de tel ou tel objet que j'ai envie d'acheter, mais dont je n'ai pas forcément un besoin vital ? Est ce que je peux me débarasser de ceci ou cela ? La question est d'autant plus épineuse si on regarde le n-ième tube de crème de nuit à un rein pièce, est ce que je dois m'en débarasser puisque j'en ai déjà n qui poireautent dans mon étagère ? Est ce que ça vaut la peine de rappeller cet ami qui me dit "lundi prochain, on retourne au coréen, mais pas la semaine prochaine, j'ai un truc" à chaque fois qu'on se voit ?

Parfois, j'ai l'impression que c'est une affaire de tri : bac jaune, vert, blanc, ou encombrants? Quelle relation on va mettre au compost ? Quel papier on va jeter ? Quel bouquin on va recycler ? Quelle habitude nocive à ma santé je vais éradiquer ensuite ?

Une fois que j'ai enlevé, est ce que je dois rajouter quelque chose pour que ça soit "mieux" ?
"Il semble que la perfection soit atteinte, non quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à retrancher." dixit Saint-Exupéry.

Je ne sais pas trop quoi en penser, mais une chose est sûre : j'aimerais du moins, et mieux.

Philosophiquement vôtre,

Playne.

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