lundi 12 mai 2014

Le test du meuble Ikéa.

Bonjour,

Dans toute relation il y a un test ultime. Un test qui impacte la relation, qui définit si oui ou non on va pouvoir continuer. C'est l'épreuve, le test de l'amitié, la preuve de l'amour, de l'attachement, de l'intérêt porté à l'autre.
Dans le couple, c'est le test du meuble Ikéa.
La première étape, c'est d'avoir ledit meuble à monter. Aller le chercher dans l'entrepôt, c'est en soi une sacrée épreuve. Mais n'ayant ni courage voiture, ni permis, j'ai plutôt opté pour la livraison.
Une fois les cartons arrivés, le salon ressemble à un champ de bastaille. En grande partie parce qui dit "nouveaux membles" implique en règle générale une redéfinition de l'espace de vie.
Dans le cas d'espèce, il s'agit de changer mon bachelorette pad en habitat pour deux mammifères territoriaux. Mais de façon progressive, vu que le moindre mug de café qui traîne m'énerve au delà de la raison (alors que je peux avoir réussi à perdre mon parquet - en entier - sous les papiers, les fringues, les bouquins, et les autres).

5 paquets Ikéa. 4 meubles à monter. 3 tournevis. 3h30. 4 notices rédigées par des sadiques. Un couple.
What could possibly go wrong ?

Le test du meuble Ikéa démarre à partir du moment où le premier carton est ouvert. Les possibilités de s'engueuler deviennent illimitées, en théorie. On peut commencer par le rangement des cartons, qui a le tournevis cruciforme, tout ça. Histoire de limiter les dégâts, on s'est installés chacun à un étage et chacun avec ses meubles. Je me connais, un truc à monter c'est un peu comme les legos quand j'étais petite : à partir du moment où j'ai mis une brique un peu de travers massacré une tête de vis je suis prise d'une frénésie du montage et je veux en finir le plus vite possible, quitte à avoir un truc un peu branlant. Inutile de dire qu'avec des meubles, c'est pas terrible.

Du coup, j'ai juré, j'ai pesté, j'ai perdu mes vis, retrouvé mes vis, commencé à me demander si le tiroir allait effectivement réussi à coulisser vu que j'avais un bout qui dépassait un peu, ... un vrai roman.
L'autre membre de mon entité bicéphale couple étant quant à lui concentré sur finir l'imposant et pénible à monter meuble à chaussures qui trône désormais fièrement dans l'entrée. Il n'a pas juré, ni commencé à interroger le plan en 29 étapes sur pouquoi ça ne rentrait pas bien. Parfois, j'ai l'impression de fréquenter Bouddha, tellement il est zen.

Une fois toutes mes vis correctement alignées, et les 3 meubles montés, j'en avais franchement marre. Du coup, histoire d'exorciser un peu, on est allés boire un verre au bar en bas de chez moi.
Rétrospectivement, ça aurait pu se passer nettement plus mal. On aurait pu s'engueuler, sur les cartons, le sens du meuble à monter, quelle vis ressemblait à peu près au dessin, où coller les chefs d'oeuvre terminés, ..etc. Là, on s'en est sortis plutôt très bien, sans heurts. On en avait juste marre, mais en rentrant le soir, on était fiers d'avoir tout terminé et d'avoir eu le courage de passer l'aspirateur, de descendre les cartons en partant, et de ranger la pile de chaussures dans leur nouveau lieu de villégiature.
La satisfaction du travail accompli, et un beau travail en équipe somme toute. Par contre, il faudra m'expliquer comment les messieurs d'Ikéa pensent qu'on peut facilement visser la tablette de mon nouveau bureau du premier coup sans se démonter une omoplate. Mais passons.

Mon strong silent type n'a pas semblé être particulièrement éprouvé par cette après midi de montage frénétique. Après débriefing à froid, il avait juste peur que je commence à fondre des fusibles et à me rouler en balle sous mon lit tellement j'en avais marre de visser des choses. Etant donné qu'on s'était réparti le travail, ça a aidé à ne pas se marcher sur les pieds et à avoir des débats de fond sur le sens de la planche.

Tout va bien, le tiroir peut s'ouvrir ET se fermer.
Force est de constater qu'on a réussi à passer le test du meuble Ikéa haut la main. Ce qui n'est pas forcément le plus facile, à partir du moment où la police peut intervenir.

Vous-vous y prenez comment vous, chers lecteurs ?

Cordialement,

Playne.

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