mardi 4 novembre 2014

La poisse du consultant.

Bonjour,
Après quelques déplacements professionnels et bientôt 1an 1/2 d'ancienneté dans "le métier " j'ai envie de vous faire partager quelque chose de fondamental. 

J'ai faim et j'ai froid, et parfois je maudis tous les amateurs de sandwiches au fromage.

Bon, on ne le voit pas super bien, mais il pleut à verse.
Être consultant, ça implique parfois ou souvent de se déplacer dans la journée aux quatre coins de la France. Ce qui peut impliquer d'aller là où il fait froid, où il pleut ou là où être végétarien relève de la faute inexcusable. 
C'est en général ce qui m'arrive, donc à force je deviens habituée aux trains qui partent avant 8h - donc au réveil à 6h où il faut malgré tout ne pas avoir l'air vaseuse en dépit du fait que tout votre organisme vous fait passer le même message : il est trop tôt pour vivre.

Là où je pense qu'il faut dissiper un mythe c'est que le consultant est un humain comme les autres. De manière totalement incongrue, en plus d'avoir besoin de dormir, le consultant en sa qualité d'humain a été doté d'un estomac et d'une vessie.
Je vous l'accorde ça peut paraître anecdotique mais parfois ce genre de détails bassement matériels peuvent avoir une importance. Quand ça fait 8h qu'on a rien avalé par exemple. Ou qu'au bout de 3h de réunion on peut éventuellement avoir la bouche un peu sèche. Ou qu'il peut être opportun de fournir un accès aux toilettes. Au moins une fois dans la journée. 

Parfois, être consultant c'est aussi avoir la poisse. Par exemple : un taxi en retard, un train loupé, ne pas savoir qu'il n'y a aucun endroit où se ravitailler (ou pire qu'il y en ait mais qu'on refuse de vous servir à manger parce que ce n'est plus l'heure ou qu'il n'est pas envisageable de fabriquer un repas végétarien), qu'il n'y ait pas de toilettes disponibles - y compris à la gare parce qu'ils sont en travaux. L'ordinateur portable qui tombe dans l'eau ou la batterie qui fond en plein milieu de la réunion client moult stratégique entrent aussi dans la catégorie poids lourds.
Le pire dans l'affaire c'est quand on est seul et qu'on ne peut pas se tourner vers un collègue pour en rire un coup.

Et je ne dis pas ça que parce que mon train est parti sans moi, que j'ai les pieds mouillés parce qu'il pleut à verse et que d'être debout dans une gare SNCF bien venteuse n'aide pas à avoir chaud. Pas non plus parce que mon petit déjeuner était peut être un mirage tellement mon estomac gronde. Ni parce que j'y allais seule, à la fameuse réunion.
La poisse du consultant c'est d'abord de ne pas avoir de permis de conduire (évidemment ma douce mère avait raison, j'aurais dû m'y mettre avant), d'avoir paniqué pendant 20 minutes car le client avait annoncé 10h, et qu'en fait c'était 10h30.
Et surtout que d'autres aient mangé avant moi toutes les options de sandwiche végétariens. 

J'ai beaucoup pensé au tumblr "Vie de consultant" - que je ne comprenais pas forcément totalement il y a un an. Au fur et à mesure des posts, j'ai l'impression de lire la majeure partie de mon quotidien. The Good, The Bad and The Ugly.

Frigorifiquement vôtre,

-Playne.



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