mercredi 12 novembre 2014

Live report Machine Head au Bataclan (10/11/2014)

Bonjour (meeeeeor !),


Machine Head et moi, c'est une affaire qui dure depuis mes 15 ans.
Ma première claque était non pas Davidian, mais Deafening Silence. Bon évidemment, j'ai été gagnée par l'hymne du "let freedom ring with a shotgun blast" plus tard. Mais j'ai découvert le groupe avec ce morceau étonnamment doux et quelque part un peu épique.

Inutile de dire que lundi, j'étais au Bataclan en train de trépigner devant les portes pendant que les amateurs de veau et autres boissons caféinées fumaient leur dernière cigarette avant de s’engouffrer dans la fosse.
Histoire de passer le temps, on a fait le concours de celui qui repérerait le premier patch/pull/logo de BLS (Black Label Society). Quel que soit le concert où je vais j'ai l'impression qu'il y en a toujours un. Je n'aime toujours pas les bains de sueur, et encore moins lorsque cela ne se déroule pas dans un hammam. J'ai donc esquivé la fosse et les balcons du bas pour grimper à l'étage du Bataclan (miraculeusement ouvert pour une fois), et j'ai déniché deux places où on voyait pas trop mal la scène malgré un poteau plutôt innoportun.
Un coca plus tard, la température était parfaite et je me suis dit que ça allait être un bon concert (rien qu'en raison du fait que je n'aurais pas les pieds et les jambes en purée au bout de 3h de piétinements).

La première partie ne fait pas toujours partie de mes priorités, je l'avoue. Là, c'était "au final" le groupe Darkest Hour qui est rentré sur scène à 19h37 pour en repartir vers 20h20. J'ai plus été fascinée par l'activité dans la fosse que par ce qui se passait sur scène. A part constater que le chanteur est passé de Justin Bieber à Mireille Mathieu après une douche et que les chansons étaient pas trop mal, je n'ai pas gardé un souvenir impérissable de la question. Pas parce que c'était mauvais, mais parce que j'étais plus absorbée par la dynamique de la foule en contrebas.
Un monsieur avec un beanie, un sweat shirt rouge un peu de ce genre là, et un protège dents qu'il réajustait fréquemment  était en train de chauffer la fosse. Au début, on s'est dit en rigolant qu'il devait s'agir du community manager du premier groupe.
C'était absolument fascinant à observer. Un peu comme de jouer à "où est Charlie ?" pour retrouver le type en pantacourt que je croise à chaque concert. Il bousculait des gens, en se faufilant assez rapidement ailleurs pour que le type qui venait de se faire secouer aille filer un coup d'épaule à son voisin, il attrapait des types par l'épaule pour constituer un genre de tortue qui rebondissait dans la foule, il faisait des gestes très éloquents du genre "viens toi, on te soulève et on te fait slamer". Et le meilleur, c'est que ça a marché. Un peu bluffant, je dois dire. C'était super amusant à regarder de loin, surtout quand on a une vue plongeante de la situation. A la fin de la première partie, il y avait un grand trou dans la fosse, avec au milieu un monsieur plutôt pas mince, et plutôt torse nu.

De toute évidence, on a pâti de problèmes techniques. Du genre gros. Je pense qu'il s'agissait d'une sombre histoire de pédalier (et non pas de pédalo, je vous vois les mauvais esprits du fond de la salle), au vu des allers-retours paniqués du monsieur en charge de la question.
Histoire de s'occuper, on a eu le droit à un karaoké géant, notamment sur Sad But True (mais on a aussi écouté In Flames, ou Lamb Of God). A savoir, après avoir compris que Metallica était le point commun à tous les présents dans la salle, DJ Bataclan nous a passé environ la moitié de la discographie du groupe. Ce qui n'était pas plus mal, vu que la foule commençait un peu à perdre patience. Résultat, sur le coup de 21h30 quand Machine "Fucking" Head a pris possession de la scène le public était au même stade qu'un baraque à frites.

Pas mal la vue hein ?

 Machine Head, au delà du fait que c'est une claque musicale qui dure depuis un moment c'est surtout un groupe qui se bonifie avec l'âge. Plus apaisés, mais toujours avec cet espèce de feu sacré, je pense que le groupe a gagné en maturité (dans les paroles et dans les compositions), en explosivité et sait ce qui lui réussit ou non.
Je suis très partiale, vu que ce groupe est probablement mon préféré de tous les temps. Du coup, à part le fait que j'ai trouvé dommage que le set ait été écourté, je n'ai rien trouvé à redire au concert.
Machine Head est un des rares groupes qui arrivent à faire passer quelque chose d'authentique lorsqu'ils jouent. Dit comme ça, ça fait probablement un peu niais, mais c'est rare d'avoir un chanteur/parolier/dernier membre originel du groupe qui fasse une introduction de 3 minutes pour une seule chanson. Evidemment, il s'agit du monument qu'est Darkness Within. Je pense que cette chanson est à elle seule une des plus grandes claques musicales que j'aie jamais pris dans ma vie. Tout résonne avec un écho particulier, et c'est un exercice de parler de musique et de l'effet qu'elle produit que je trouve d'une justesse absolue. Ce sentiment d'appartenance qu'on peut ressentir lorsqu'on rencontre quelqu'un qui a exactement le même ressenti et la même vision de quelque chose d'aussi personnel que la musique se ressentait au Bataclan lundi. Un genre de "Oui, nous aussi la musique a changé nos vies, elle a fait bouger quelque chose, et on peut repenser les différentes périodes de notre vie et les revivre au travers de ce qu'on écoutait à l'époque. Et une partie de cette aventure, c'est Machine Head". Moi, ça me prend aux tripes et ça me remue.
Ce que je trouve sympathique aussi, c'est de retrouver des bons vieux morceaux comme Imperium, ou Bulldozer - alors que le groupe a sorti beaucoup d'autres bombes depuis. The Blackening est toujours représenté, mais pas au détriment d'albums plus anciens.
Je vous passe les échanges de Robb Flynn, un peu nostalgique. Leur premier concert à Paris, avec Slayer il y a 20 ans, et le public qui chantait déjà les parties instrumentales. Ou ses sempiternels "Santé, motherfuckers".
Le final sur Halo, chanson de clôture plutôt parfaite soit dit en passant, s'est fait avec des énormes pschits de fumée, des confettis et des voix un peu éraillées d'avoir chanté à pleins poumons tous les titres. La conclusion parfaite, sur le coup de 22h53.

Setlist :
1. This Is How We Die
2. Imperium
3.Beautiful Mourning
4.Locust
5. Ten Ton Hammer
6. Darkness Within
7. Bulldozer
8. Davidian
9. Aesthetics Of Hate
10. Halo

Peace out, rock on \m/
Et écoutez Bloodstone & Diamonds, l'album est plutôt cool aussi. Je ne l'avais pas écouté avant le concert, histoire de voir ce que ça avait dans le ventre en live - et il y a de grandes surprises (bonnes, j'entends) dans ce nouvel opus.

- Playne.


Oh, et en bonus, je vous suggère de regarder ça. Je pense que ça résume bien l'ambiance.

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