J'ai déjà parlé d'amitié ici, mais je n'ai pas l'impression que le sujet de "la fin" soit souvent abordée.
A part quelques exceptions où j'ai annoncé un franc et massif "je préfère passer du temps avec d'autres personnes" (comprendre "je pense que notre relation ne m'apporte plus rien, bonne route !") - sans que ce soit dans une situation de conflit; j'ai l'impression que les fins d'amitié se terminent un peu par la force des choses.
On ne s'appelle pas, l'autre n'appelle pas, on finit par ne plus se voir, par ne plus se parler et la relation finit par s'épuiser comme une bougie à court de cire. Ce n'est pas forcément une mécanique insidieuse, juste qu'il n'y a pas forcément besoin de constater à haute voix que la relation est terminée. J'ai la chance aujourd'hui d'avoir peu d'amis, d'excellente facture, qui sont de bons humains. Par contre, au fil des années, j'ai perdu et gagné des amis. Perdu, majoritairement (si on raisonne en volume).
Souvent, c'est une fin en douceur, sans éclats, sans discussions et sans trop de publicité. Rien de glorieux à annoncer "on était amis, mais on a trouvé d'autres priorités plus importantes depuis". Ou pire encore : "on a plus rien à se dire". Ce qui m'arrive souvent avec des amies d'enfance, nos vies ont tellement évolué, on a tellement grandi, que les seuls points communs qui nous restent sont des souvenirs et des vieilles histoires qui ont déjà fait leur temps.
Comme les anciennes amours : maintenant ça ne m'émeut plus, et je n'ai probablement souvent que de l’indifférence polie à apporter quand je croise un ancien amoureux. J'aimerais bien savoir où certains en sont, mais presque comme on prend des nouvelles d'un camarade de classe dont on apprend qu'il est parti habiter en Nouvelle Zélande.
Récemment, j'ai reçu un message aussi inattendu que réconfortant. Extraits choisis :
"Je regrette d’avoir laissé filer notre amitié, d’avoir manqué ton anniversaire et ne pas avoir été là pour d’obscures raisons. J’ai manqué des parties de JDR pour des raisons que je trouverais probablement ridicule aujourd’hui si je m’en souvenais. J’ai manqué d’entretenir notre amitié au point de laisser les choses filer et de devenir incapable de ré- initier le dialogue. J’ai foiré ça alors que tu étais quelqu’un pour qui j’avais énormément d’affection, quelqu’un qui été plus présente pour moi que de nombreuses personnes que j’appelle encore aujourd’hui des amis. Je m’en veux d’avoir pris toutes ces mauvaises décisions qui ont contribué à nous éloigner."
Inattendu, parce qu'arrivant presque avec deux ans de "retard" (si ma mémoire est bonne, j'ai une mémoire confuse des dates pour ce genre de choses). Et réconfortant, parce que ça me conforte dans l'idée que j'ai ramé à contre-courant pendant des mois, à multiplier les invitations, les sollicitations et les messages...et que cet ami le sait, et est suffisamment cortiqué pour réussir à l'admettre. Un bel exercice d'humilité, et de sincérité que je voulais saluer à travers cet article.
La géographie fait qu'on a peu de chances de se recroiser, du moins sans provoquer l'occasion, mais je sais que j'ai une chance de renouer, peut être, une amitié avec cette personne. Après, ça ne dépend pas de moi - enfin pas entièrement du moins. Et pallier à la déception que j'avais ressentie du plan à l'anniversaire et aux parties de jeu de rôle qui avaient suivi jusqu'à ce que les invitations cessent ne s'annonce pas forcément facile.
Mais la difficulté n'est pas de mon côté, ces derniers mois j'ai grandi, j'ai évolué, et j'ai appris à lâcher prise mieux que je ne le pensais. Si faute il y a pu avoir, autre que le fait d'avoir des vies propres qui n'ont pas forcément à se suivre - mais plus à se croiser; elle est pardonnée.
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Bon lundi,
-Playne.

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