Bonjour,
Un parti pris que j'essaie souvent d'adopter quand je lis quelque chose, qu'il s'agisse d'un roman ou d'un livre ayant trait à la culture générale (on va dire ça comme ça), est de lire dans la langue originale de l'auteur. Mon russe étant rouillé et mon espagnol se limitant à une seule phrase qui me permet d'expliquer que je ne veux pas de poulet roti...il ne me reste que deux options : le français ou l'anglais.
Je serais passée à côté de ce moment de poésie un peu particulière dont je vais vous parler aujourd'hui si je n'avais pas fait une entorse à cette règle. Ma seule interaction avec la littérature japonaise ayant été de peiner sur un roman de Murakami que tout le monde a trouvé formidable et auquel je n'ai rien trouvé, m'avait laissée un peu fraiche.
Pas que j'ai quelque chose contre, en soi, juste que je ne pense pas être très sensible à la question. Je n'ai pas la patience de m'émouvoir pour des petites choses, et j'ai du mal avec les relations décrites que je trouve souvent étranges au mieux.
Et globalement, je n'ai pas d'appétence particulière pour les romans que je qualifierais de "familiaux" - enfin qui déroulent une intrigue sur fond de querelles ou de secrets et non dits au sein d'une famille. Typiquement, j'ai eu du mal avec "Du domaine des murmures" de Carole Martinez, en partie à cause du côté "qui est le père de la tante de qui et a couché avec qui alors qu'il fallait pas". (Mais pas que.)
A priori, rien ne m'aurait poussé à feuilleter cette pentalogie. Sauf que. C'était un cadeau de ma tante non - nippophile, et qu'elle a bon goût en matière de romans. Qu'il y a un fond historique très présent, pour ne pas dire massif, et que l'édition est superbe. On ne se refait pas, comme une pie devant un objet brillant, j'ai une fascination pour les jolis livres. Ceux avec la couverture douce, une jolie image et une typographie agréable à l’œil. Ceux qui tiennent bien dans la main, qu'on soit dans le métro, sur son canapé ou caché dans un coin d’ascenseur pour finir son chapitre. Un bel objet, en somme.
Tout combiné, je n'ai pas pu résister, d'autant que je cherchais un petit volume à mettre dans mon sac à main pour aller dans le métro.
En trois jours, j'ai fait un sort à tous les bouquins, un par un, en une heure de temps à chaque fois. Avant que vous ne commenciez à penser que je suis un ogre de littérature, je tiens à préciser que chacun des tomes est plutôt du genre maigrichon.
Chaque livre correspond à un point de vue différent (ce qui est un style de narration que j'apprécie énormément, après l'expérience de "Des milliards de tapis de cheveux"), donc à un protagoniste différent. Les époques et les moments de la vie de chacun s'entremêlent et se mélangent et tissent un canevas très intéressant. Pas de motifs évidents, pas de redites, que des micro-points de détails qui mis bouts à bout donnent la véritable histoire.
Je pourrais difficillement vous en dire plus sur la ligne d'histoire, mais tout part d'un meurtre. De confessions posthumes, de destins croisés, et de représentations diverses et variées. On est loin du roman policier, et loin du roman historique, mais il y a quelque chose des deux dans Le poids des secrets.
Pas que l'histoire des (de la?) familles décrite ici soit hors du commun, à quelques exceptions près, mais les interactions se font de manière très subtiles. Donc il faut suivre. Pas question de mélanger deux personnages, sinon vous risquez de perdre toute la subtilité de cette histoire. Mais si vous n'êtes pas fortiches des noms, on s'en sort très bien moyennant un peu de contexte et quelques pages.
C'est une série poétique, malgré les différents évènement historiques dépeints qui sont moyennement joyeux, et écrite de manière très simple, presque descriptive. Un style auquel j'ai beaucoup accroché, d'autant qu'il ne varie pas d'un personnage à l'autre, ce qui permet aussi de créer cette trame globale qui fait la force de ce (ces ?) roman.
Le seul point négatif que j'ai trouvé à l'affaire, c'est que c'est un peu court - je n'avais pas anticipé que la typographie était aussi normale, alors que je m'attendais à quelque chose de nettement plus petit et ramassé (ceci dit, c'est agréable à lire quand on est une taupe modèle comme moi). Après, c'est surtout parce que je me suis retrouvée sans rien à lire pour le trajet du retour en métro que je soulève ce point.
En conclusion, une excellente découverte, qui m'a donné envie de découvrir les autres romans de l'auteure.
Quitte à creuser la question, est ce que vous avez des suggestions d'écrivains japonais que je pourrais lire ?
Bon lundi !
- Playne.
lundi 26 janvier 2015
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire