Hier j’ai eu la chance de donner mon premier cours. Il y a quelques mois, j’avais proposé à la Directrice de mon dernier master d’animer un atelier sur la prise de parole en public. J’avais avancé mes arguments, expliqué pourquoi je pensais que cette intervention serait bénéfique pour les élèves, attendu, et finalement on m’a dit oui. Et hier j’ai donné mon premier cours.
L’expérience est enrichissante pour de nombreuses raisons.
Retourner à l’école fait partie des buts que je m’étais fixé à moyen terme ;
pour donner un cours dans un premier temps. Je n’ai pas encore fermé la porte à
une éventuelle thèse / reprise d’études dans un domaine encore inconnu, ceci
dit. Atteindre ce but après 2 ans depuis ma sortie de l’école, c’est quelque
chose que je considère comme une réussite personnelle. Je ne sais pas pour
vous, mais j’ai rarement l’occasion de m’auto-congratuler pour des évènements
exceptionnels.
Ce cours, je l’ai préparé. Préparé. Et préparé. J’ai épluché
probablement une dizaine de bouquins sur le sujet, passé des heures à regarder
des vidéos, à analyser les autres programmes de formation. J’ai écrit et
détaillé ma trame d’intervention, avec un code couleur et un timing détaillé à
la minute près.
Le sujet est un sujet que j’aime. Probablement parce que la
prise de parole en public est quelque chose que j’ai énormément travaillé pour
en arriver au niveau où je suis aujourd’hui (i.e : capable de donner un
cours sur le sujet, et d’improviser devant un amphi sans tomber dans les
vapes). Le chemin a été long, et au fil du temps j’ai appris à me lancer, à
limiter le stress, à sortir de ma zone de confort. Et quelques 10 ans plus
tard, je suis à l’aise quand je dois prendre la parole en public.
C’est un sujet qui m’emplit d’enthousiasme, et où je sais que j’ai beaucoup de trucs et d’astuces à partager – qui sont en fait bien plus utiles que de la théorie.
C’est un sujet qui m’emplit d’enthousiasme, et où je sais que j’ai beaucoup de trucs et d’astuces à partager – qui sont en fait bien plus utiles que de la théorie.
Le contact avec les étudiants était super. Nettement plus enrichissant
que lorsque j’ai animé ces ateliers dans un cadre professionnel. Probablement
parce qu’ils attendaient plus de ce cours, et surtout parce que j’ai dû être à
fond pendant les 6 heures d’intervention. Je vous rassure, il y avait des
pauses. Mais avoir un public exigeant, qui ne se contente pas d’un simple
conseil – et qui attend un retour personnalisé, une analyse poussée de leur
performance c’est à la fois réjouissant et stimulant. Je n’ai pas encore eu les
réactions à froid (parce qu’on est évalué quand on fait un atelier, sur le
fond, la forme, la méthodologie, l’originalité de l’intervention, etc.), mais à
chaud ils avaient l’air contents. Ce qui est la plus grande satisfaction que je
pouvais avoir en fin de cours.
J’ai eu une pensée émue pour tous mes anciens profs en
rentrant chez moi hier. C’est physique comme
métier. Il faut mobiliser 100% de ses ressources en attention, être en
permanence vigilante à ce que tout le monde suive, à ce que personne ne se
dissipe, répondre précisément aux questions, être clair, reformuler … le tout
en étant debout, en se déplaçant dans la salle sans occuper tout l’espace. Résultat, je me suis effondrée sur mon canapé en revenant, et à 20h40 j’étais
endormie. Transmettre son énergie, c’est
taxant. Sur le corps – j’avais les jambes courbaturées comme si j’avais couru
15 kilomètres et la tête comme une pastèque – et sur les nerfs, parce qu’il y a
un niveau de stress inhérent à ce genre d’activités.
Respect, robustesse.
Et surtout, bon week-end !
- Playne.

Superbe cette petite fiche (surtout l'étoile)! Ca me rappelle des souvenirs :-)
RépondreSupprimer