vendredi 6 février 2015

Le premier cours.

Bonjour,
Hier j’ai eu la chance de donner mon premier cours. Il y a quelques mois, j’avais proposé à la Directrice de mon dernier master d’animer un atelier sur la prise de parole en public. J’avais avancé mes arguments, expliqué pourquoi je pensais que cette intervention serait bénéfique pour les élèves, attendu, et finalement on m’a dit oui. Et hier j’ai donné mon premier cours.
L’expérience est enrichissante pour de nombreuses raisons. Retourner à l’école fait partie des buts que je m’étais fixé à moyen terme ; pour donner un cours dans un premier temps. Je n’ai pas encore fermé la porte à une éventuelle thèse / reprise d’études dans un domaine encore inconnu, ceci dit. Atteindre ce but après 2 ans depuis ma sortie de l’école, c’est quelque chose que je considère comme une réussite personnelle. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai rarement l’occasion de m’auto-congratuler pour des évènements exceptionnels.
Ce cours, je l’ai préparé. Préparé. Et préparé. J’ai épluché probablement une dizaine de bouquins sur le sujet, passé des heures à regarder des vidéos, à analyser les autres programmes de formation. J’ai écrit et détaillé ma trame d’intervention, avec un code couleur et un timing détaillé à la minute près.

Le sujet est un sujet que j’aime. Probablement parce que la prise de parole en public est quelque chose que j’ai énormément travaillé pour en arriver au niveau où je suis aujourd’hui (i.e : capable de donner un cours sur le sujet, et d’improviser devant un amphi sans tomber dans les vapes). Le chemin a été long, et au fil du temps j’ai appris à me lancer, à limiter le stress, à sortir de ma zone de confort. Et quelques 10 ans plus tard, je suis à l’aise quand je dois prendre la parole en public.
C’est un sujet qui m’emplit d’enthousiasme, et où je sais que j’ai beaucoup de trucs et d’astuces à partager – qui sont en fait bien plus utiles que de la théorie.

Le contact avec les étudiants était super. Nettement plus enrichissant que lorsque j’ai animé ces ateliers dans un cadre professionnel. Probablement parce qu’ils attendaient plus de ce cours, et surtout parce que j’ai dû être à fond pendant les 6 heures d’intervention. Je vous rassure, il y avait des pauses. Mais avoir un public exigeant, qui ne se contente pas d’un simple conseil – et qui attend un retour personnalisé, une analyse poussée de leur performance c’est à la fois réjouissant et stimulant. Je n’ai pas encore eu les réactions à froid (parce qu’on est évalué quand on fait un atelier, sur le fond, la forme, la méthodologie, l’originalité de l’intervention, etc.), mais à chaud ils avaient l’air contents. Ce qui est la plus grande satisfaction que je pouvais avoir en fin de cours.

J’ai eu une pensée émue pour tous mes anciens profs en rentrant chez moi hier. C’est physique comme  métier. Il faut mobiliser 100% de ses ressources en attention, être en permanence vigilante à ce que tout le monde suive, à ce que personne ne se dissipe, répondre précisément aux questions, être clair, reformuler … le tout en étant debout, en se déplaçant dans la salle sans occuper tout l’espace.  Résultat, je me suis effondrée sur mon canapé en revenant, et à 20h40 j’étais endormie.  Transmettre son énergie, c’est taxant. Sur le corps – j’avais les jambes courbaturées comme si j’avais couru 15 kilomètres et la tête comme une pastèque – et sur les nerfs, parce qu’il y a un niveau de stress inhérent à ce genre d’activités. 

Respect, robustesse. 
Et surtout, bon week-end !

- Playne.




1 commentaire:

  1. Superbe cette petite fiche (surtout l'étoile)! Ca me rappelle des souvenirs :-)

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