Bonjour,
Comme vous avez pu le constater, il y a eu un trou dans mon rythme de publication, pourtant régulier d'ordinaire.
La semaine dernière, j'étais en déplacement - et avec un accès plutôt compliqué à internet (il faut toujours prier les dieux de la clef 3G) mais surtout pas mal de fatigue physique et nerveuse à gérer. Quand le programme ressemble à "réveil 6h- retour 20h, réveil 5h00 - train, train, taxi, voiture, hôtel, voiture, voiture, train, retour 22h" je vous laisse imaginer l'état global dans lequel j'étais en arrivant.
Avec tout ça, je n'avais pas forcément la tête à l'écriture...
Ceci dit, ce déplacement a eu le mérite de me faire vivre un voyage quasi initiatique dans le milieu du conseil. Histoire de vous poser le cadre : il est 20h, et après une première journée de travail je prend possession de ma chambre d'hôtel avec vue sur la rue. J'ai l'estomac dans les talons, mes vêtements sont gluants (entre le stress et les 29°C ambiants), j'ai le cheveu poisseux, et personne à qui parler. Dès que je mets le pied dehors, une petite bruine commence à tomber. Qu'à cela ne tienne, je me dirige vers le centre ville dans l'espoir de trouver de quoi me sustenter. A la 5e tentative, je rentre, résignée dans une épicerie pour investir dans un dîner à la fois équilibré et plein d'arômes (artificiels). Parfois, il ne fait pas bon être végétarienne. Maintenant, il pleut à verse et un orage se prépare.
Comme dirait une de mes collègues de travail "Mon Dieu...courage". Cette soirée, c'était un peu la sinistrose. Le coup "classique" du : je suis toute seule en mission dans une ville que je ne connais pas, je n'ai rien à manger et il pleut - c'est un coup à déprimer sérieusement.
Bilan : je regarde la chaîne parlementaire en mangeant
mes carottes râpées et ma tortilla aux oignons au bureau exigu de ma
chambre d'hôtel.
Le lendemain matin, "profiter de la piscine
avant d'aller travailler" ressemble surtout à "faire des allers-retours
comme un poisson rouge sous une pluie battante à 7h30 du matin".
Après un coup de téléphone à mon strong silent type qui avait parfaitement compris qu'il fallait juste m'écouter vider mon sac et me dire que j'allais bien réussir ma présentation client, et que demain je rentrais à la maison et à mes géniteurs qui attendaient plus ou moins patiemment de passer à table dans un mariage ça allait mieux.
Dans le cas d'espèce, c'était une affaire d'état d'esprit. Compliqué de remonter la pente quand on rentre trempée, fatiguée et pas franchement confiante pour la suite des opérations : la solution la plus efficace a été de constituer un plan de bataille, puisque de respirer un grand coup ne suffisait pas.
Première étape : manger.
Deuxième étape : prendre un bain chaud.
Troisième étape : tout ranger et préparer les affaires du lendemain dans l'ordre d'apparition (maillot de bain, sac à maillot mouillé, peintures de guerre, uniforme, sac,...etc.)
Dernière étape : dormir. Et tant pis s'il est 21h.
Faire quelque chose, même si c'est aussi insignifiant que de poser un disque de coton à côté de la bouteille d'eau florale sur une tablette de salle de bain anonyme, ça aide. En tout cas, ça m'a permis de me mettre en condition pour que la suite des opérations se déroule bien. Un peu comme quand vous êtes en CM2 et que vous rangez vos affaires du lendemain dans votre cartable après avoir fait vos devoirs. Devenir acteur de la situation, ou avoir l'impression de pouvoir influer sur la situation aide tout à fait à mieux encaisser. Dans le jargon ça peut s’appeler "autonomie décisionnelle" ou encore "marges de manœuvre".
Relativiser un coup, en quelque sorte. Même si ce n'était pas forcément facile avec le nez dans le guidon, d'observer d'un œil neutre la situation et de se dire "ça aurait pu être bien pire" sans pour autant tomber dans un autre genre de discours culpabilisant à base de faim dans le monde, de pénurie d'eau potable ou d’ornithorynque.
Inspirer, expirer, et repartir. Et fermer la porte à l'attaque de la sinistrose.
Bonne semaine !
- Playne.
lundi 1 septembre 2014
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