Histoire de bien commencer cet article, je vous souhaite une bonne année (vous pensiez vraiment y échapper ?).
De toute évidence, mes bonnes résolutions "écrire une note de blog par jour" ne sont pas encore tout à fait au point. Mais j'ai tendance à me dire que zut, si je n'ai rien d'intéressant à écrire, je m'abstiens.
Bref.
Je passe l'essentiel de mon temps au bureau, ce qui n'est pas franchement nouveau me direz-vous, et j'ai pas mal de choses à produire dans des délais relativement serrés en ce moment.
En conséquence, je marine un peu dans le microcosme urbain qu'est ma partie de l'open space. Ce qui me laisse un peu de temps pour cogiter aux interactions humaines pendant que mes extractions de données moulinent dans la purée.
Quelque chose que je trouve à la fois surprenant et particulièrement comique, c'est les phénomènes dits "de la classe de 5e". Je m'explique.
Un exemple tout aussi fictif que réaliste : Untel n'a pas aimé que Untelle "prenne le lead" (oui, la langue officielle de l'open space, c'est le franglais) sur la partie 36.000 du dossier X. Ca-ta-strophe.
Là où la raison pousserait Untel à confronter Unetelle sur le fait qu'elle ait grignoté une part supplémentaire de responsabilité et à lui exprimer posément le fond de sa pensée...la réalité a bien d'autres surprises en réserve.
Untel va d'abord commencer à se confier à Hunetel, et cette confidence va alors déclencher un effet domino-boule-de-neige dans lequel tous les membres de la communauté seront au courant du problème, mais où personne ne sait rien.
Et immanquablement, comme en 5e où la puissance du clan était plus forte que tout, Unel et Unetelle vont s'adresser des salutations glaciales quand ils se croisent dans le couloir, à la cantine ou devant la photocopieuse, ...tout en échangeant des ragots sur l'autre avec les autres membres de son clan. Si possible en présence de l'autre, en chuchotant, mais en riant fort sans véritable raison apparente. Les querelles d'ego, c'est plutôt puissant.
Là où je trouve ça comique, en dehors du fait que dans mon esprit mon cadre de travail ressemble parfois à un Cluedo géant et que Fleetwood Mac se génère automatiquement en bande son de ma vie, c'est que mon métier implique de traiter de l'information confidentielle.
Ceci étant dit, j'ai découvert récemment que tout ce que j'ai pu dire est probablement enregistré dans la mémoire collective, et que ça peut ressortir un jour comme un vieux boomerang envoyé par un kangourou lunatique.
J'ai eu affaire dans une expérience professionnelle antérieure à un environnement polissé, politique, avec des codes implicites particuliers et nombreux. J'en avais bavé, mais j'avais appris à faire des phrases d'une platitude extrême, sans aucune émission d'opinion ou de point de vue. Le soucis c'est que pour arriver à cela, ça nécessite une gymnastique intellectuelle assez particulière. Et surtout, c'est épuisant à la longue.
Du coup, la technique majoritairement utilisée, qu'une de mes collègues appelle "faire la blonde" (vous saviez que le sexisme ordinaire existe aussi chez les femmes, faudrait pas croire ...) consiste majoritairement à se comporter comme une ingénue petite fille et à dire "Aaaah bon ! Non, je ne savais pas." en jouant assez sur les signes non verbaux pour que ça soit crédible.
Inutile de vous dire que c'est certainement un peu inefficace sur le long terme.
Cela étant dit, en tant que bon grumpy cat, j'ai décidé d'adopter une autre technique qu'on pourrait qualifier de quasi-philosophique au sens où elle consiste à se demander "à quoi bon ?" (Cioran, sort de ce corps !).
Perdre du temps en interactions sociales...quelle idée !
Sur ce, bonne journée à vous,
Cordialement, meilleurs vœux,
Playne.
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