mardi 25 février 2014

Apte au service.

Bonjour,
Récemment, j'ai fait l'exercice que tout actif fait au moins une fois dans sa vie : la visite médicale d'embauche. Un comble quand on revient de trois jours d'arrêt maladie, et que ma période d'essai est terminée depuis belle lurette.

En théorie, la visite médicale d'embauche a lieu avant expiration de la période d'essai. Je ne sais pas trop d'où la visite médicale d'embauche tire ses racines, mais je pense que c'est en rapport avec le rôle - essentiellement préventif - de la médecine du travail en France.
Cette visite a de particulier qu'elle ne pose pas de diagnostic médical particulier, on mesure l'aptitude à occuper le poste.
C'est donc plus ou moins un travail abstrait, parce que je pense qu'un médecin du travail - malgré le temps consacré à étudier des postes de travail et à faire des visites en entreprise - connaisse parfaitement tous les tenants et aboutissants de mon métier.
Sur le papier c'est simple : je travaille sur écran (problématique quand on a des yeux "faibles" comme dit le docteur), longtemps, et je suis parfois amenée à faire des déplacements - essentiellement en région parisienne.
En pratique, cette analyse évidente et factuelle ne prend pas en compte la majeure partie de mon travail : je réponds à une problématique client, et je produis des livrables avec un double objectif de coût et de qualité. Grosso modo, je dois travailler vite et bien, sans dépasser un temps préfixé.
Ce qui est plutôt compliqué à lire dans mon test d'urine, mais ça n'engage que moi.
Ceci étant dit, pour les phobiques du test d'urine, si vous bloquez devant le pot, c'est pas grave. On ne va pas s'assoir sur votre vessie en attendant que ça arrive.

Rétrospectivement, les questions du médecin étaient plutôt justes, mais probablement trop rapide pour en apprendre beaucoup sur l'activité concrète - ou à défaut sur les facteurs qui peuvent influer sur la santé des travailleurs.
Par exemple : de savoir que je travaille dans un open space est un marqueur important. Je suis exposée au bruit, à la chaleur, à une luminosité importante, et au fait de travailler sur un ordinateur portable. Je peux donc facilement me fabriquer des tendinites aux deux poignets et avoir des maux de tête à cause du bruit ambiant. Sans parler du risque évident de contagion dont je vous parlais ici.
Ou de savoir que je travaille au 23e étage d'une tour (je pourrais avoir une phobie terrible du vertige), ou bien encore que j'ai des horaires variables autour de la tranche 9h-18h. Ou que 100% des personnes que je côtoie au quotidien ont un problème de surpoids, d'ulcère, d'amabilité, de manque de sommeil plus ou moins chronique, ou de tension, de cholestérol, de triglycérides trop élevés.

Évidemment, quand le fait de partir du travail est pensé comme une forme de désengagement, voire de désertion, ou au retour de 3 jours d'arrêt maladie on vous demande à demi-mot comment étaient vos vacances... tout de suite on sait que la santé n'est pas au top des priorités.
Je ne sais pas comment se déroule l'articulation avec la médecine du travail, mais je pense que ce n'est pas demain que j'aurais une visite de reprise après un arrêt maladie ...



La bonne nouvelle, c'est que la médecine du travail a une vocation préventive, donc à moins d'avoir une évolution particulière du job je serai toujours apte à l'occuper.

Marrant quand même que ce qui me passe en tête quand on me parle de visite médicale d'embauche soit une scène de Full Metal Jacket.

Bonne journée,

Playne.


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