mercredi 5 février 2014

Premiers secours.

Laissez moi vous planter le décor.
20h, j'attends le bus après une journée de travail. Il reste 7 minutes avant que le bus arrive, et j'ai totalement la flemme de me taper la marche à pied pour rentrer chez moi.
Nous sommes trois à l'arrêt de bus. La dame qui regarde le panneau d'affichage tombe par terre.

J'ai juste eu le temps de m'interposer afin qu'elle ne s'écroule pas la tête la première sur le pavé.
Un peu sous le choc, la troisième personne qui attendait en téléphonant à côté de l'arrêt de bus hurle un grand coup.

J'aurais pu commencer à paniquer, mais grâce à mon frère (volontaire à la Croix Rouge Française) j'ai été formée aux premiers secours et l'entraînement porte ses fruits. J'ai dit à la dame qui était au téléphone de raccrocher immédiatement et d’appeler le 15.
Pendant qu'elle cafouille avec les touches en disant qu'elle est sur attente je m'occupe de la dame qui est tombée par terre.
Je lui prend la main, je lui demande si elle m'entend. Elle ne me répond pas, mais ses yeux sont ouverts et en me penchant proche d'elle je sens qu'elle respire. Puis son corps commence à trembler violemment. Inutile de dire qu'à ce moment, je panique un peu, mais qu'au moins je sais que l'alerte a été donnée.
La dame qui téléphone dit qu'elle a quelqu'un au bout du  fil. Je lui dis de donner son nom, son numéro de téléphone et de dire où nous sommes (sur le boulevard X, au croisement de la rue Y, à l’arrêt de bus dans le sens de Z) d'abord. Elle s'exécute, puis décrit assez justement la situation : une dame est tombée, elle tremble de partout mais elle respire, et une jeune fille (a.k.a. votre serviteur) est à son chevet.

Sur ce, la dame allongée par terre se détend. Cligne des yeux et demande de l'aide pour se relever. Elle faisait une crise d'épilepsie, et n'a pas besoin qu'on dépêche les secours. Visiblement, c'est habituel, et elle m'a remercié de lui avoir épargné de se fracasser la tête sur le béton. La dame au téléphone relate les évènements aux secours, qui n'ont pas l'air d'être nécessaires. Je lui dit de demander si elle peut raccrocher.

En tout, ça aura duré 4 minutes. Dans le cas où il s'agissait d'une crise cardiaque, il aurait fallu réagir différemment, et dans un laps de temps beaucoup plus court.

Une fois rentrée à la maison, après avoir discuté avec la dame (visiblement sous le choc) qui était avec les secours au téléphone pendant le trajet en bus j'ai envoyé un message à mon frangin pour le remercier.
D'avoir commencé mes 3 jours de congés à Noël par une formation d'une journée aux premiers secours, c'était peut être un peu dur (pratiquer le massage cardiaque sur nourrisson, même s'il est en plastique, ça fait quelque chose...) mais c'est un acte à la fois citoyen et indispensable à mes yeux. Maintenant, parce que sur le moment j'étais pas spécialement jouasse d'entendre parler de ce genre de problématiques (comment ça, si on en parle pas ça existe quand même ?)



Si je ne sais pas si je pourrais faire une différence dans un cas plus grave que ce à quoi j'ai été confrontée hier, mais au moins je sais que j'aurais le bon réflexe : celui d'admettre que je ne suis ni médecin, ni secouriste, mais que sans mon appel on ne pourra rien faire pour aider les personnes en danger imminent.

Bref, une formation aux premiers secours ça peut paraître dépassé, relou, ringard, chiant à faire, tout ce que vous voulez, ça n'en reste pas moins indispensable.

Bien à vous,

Playne.


2 commentaires:

  1. J'ai passé la SST pendant mon CAP ms je ne suis pas sûre de pouvoir refaire les gestes...
    Bravo !

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    1. Le principal dans l'affaire étant de prévenir les secours, je pense que sur le coup de la panique c'est facile d'oublier les gestes ou de ne pas savoir par quoi commencer.

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