Il faut tenter de vivre.
Avec la tempête qui souffle sur une bonne partie du territoire français, je suis dans le vrai, non ?
Le vent qui mord aux joues, qui s'infiltre dans les vêtements, qui transforme immédiatement votre brushing en coiffure de Beetlejuice, et qui fait que les fumeurs au pied de votre tour s'agglutinent ensemble dans un nuage de fumée tel des pingouins sur la banquise.
De ma fenêtre, je vois les nuages qui filent, et ça me pousse assez fortement à la rêverie.
Le vent qui claque au visage me rappelle d'heureux moments passés sur l'eau avec la sensation de voler (ou presque).
J'ai un (lourd ?) passif de véliplanchiste, et ce genre de temps me donne envie d'enfiler une combinaison en néoprène et d'aller m'accrocher à une voile de 5 mètres. Même si dans les faits, il y a probablement un peu trop de vent pour faire une sortie en mer qui ne nécessite pas d'être surveillé comme le lait sur le feu.
De pouvoir filer, avec ce crachotement de la planche qui rebondit sur l'eau de façon régulière pour peu qu'on ait atteint une vitesse suffisante. Seule et loin de tout, sans personne pour vous dire comment coller vos pieds, ajuster votre harnais ou placer vos mains.
Évidemment, le retour à la réalité pique un peu. Même si elle siffle, l'imprimante peine à recréer le sifflement du vent dans les oreilles quand on est lancé à pleine vitesse.
Un peu comme quand on sort d'une séance du dernier film de Miyazaki, dont j'ai tiré mon titre aujourd'hui.
Je ne m'attendais absolument pas à un film d'une telle trempe. On en prend plein la vue, qu'il s'agisse de paysages, de niveau de détail dans le dessin, de jeux de lumière ... C'est un beau film. Enfin, l'esthétique des Miyazaki est toujours canon.
C'est plus sur le sujet et son traitement que j'ai pris une claque digne d'une rafale de vent. Loin de l'univers onirique et poétique, et surtout fondamentalement bienveillant - on plonge dans un réalisme teinté d'une dose de non-dit qui m'a un peu tordu les boyaux.
Notre héros, ingénieur de génie, oscille entre la création, l'acharnement au travail, et un état semi-rêveur (à mi chemin entre le rêve et le cauchemar, parfois d'ailleurs). La fascination pour les avions est évidente, et j'ai trouvé (pour avoir déjà travaillé brièvement dans le milieu) que cet état d'esprit était très fidèlement restitué.
Mais si on traite d'un sujet innocent, il y a de nombreuses ellipses qui viennent un peu teinter cette carte postale aéronautique.
Sur la fin, j'attendais que les esprits de la forêt, Totoro, ou même un maïs magique débarque pour sauver la mise et que tout finisse bien comme je l'avais imaginé. Il y a quand même un gros arrière goût de page qui se tourne, de fin, de nouvelle ère. Et un message de fin pas nécessairement aussi positif qu'à l'accoutumée - je ne sais pas si on retient plus le rêve ou les sacrifices.
Ceci étant dit, le film est superbe et je vous le recommande chaudement.
Sur ce, bon vendredi (plus que quelques heures à tenir selon eux).
Bien à vous,
Playne.
vendredi 7 février 2014
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