mercredi 16 avril 2014

Boxer, ou l'art d'avoir l'air badass.

Bonjour,

Afin de célébrer mon dernier diplôme en date (je ne renonce toujours pas à l'idée de faire une thèse un jour), mes nobles géniteurs ont accédé à une de mes requêtes les plus enthousiasmantes : posséder un sac de frappe.
Je suis certaine que vous voyez exactement ce que ça recouvre, si vous avez déjà vu Rocky une fois dans votre vie. Un boudin qu'on accroche au plafond, à une poutre, à un mur, etc. sur lequel on tape en tournant parfois autour.
C'est somme toute un objet d'entraînement assez classique, pour peu qu'on soit dans une salle dédié à la pratique de la boxe.
Cela fait quelques mois maintenant que je me suis remise occasionnellement à l'entraînement. Enfin, par entraînement, je ne me promène pas non plus avec une ceinture dorée, un short rouge, un peignoir en soie et un protège dents sur un ring. Je tape sur un pao avec l'autre moitié de l'entité bicéphale couple, qui est d'ailleurs tout à fait réjoui de cette activité de couple plutôt peu conventionnelle. A la rigueur, aller faire un footing, nager ou aller au cinéma c'est pas très surprenant. Mais au vu des réactions à la rituelle question du "et vous avez fait quoi ce week-end ?" répondre "j'ai tapé dans le pao tenu par ma moitié, et on se met bientôt au sparring" n'est visiblement pas tout à fait normal.

Le pao, c'est l'espèce de carré de cuir avec les poignées.
Avec en guest star mes mitaines,
...et mon sublime tapis de méditation rose.
 Ceci étant dit, je ne sais pas trop ce que ça produit comme cocktail chimique, mais la boxe - ça fait un bien fou. Le fait de taper sur quelque chose, déjà, c'est un peu crétin et un peu primal mais c'est extrêmement détendant.
Exprimer sur le pao des vacheries du genre "Oh c'est courageux de mettre cette jupe..." (sachant que ladite jupe avait un soucis de finition et que toutes les coutures avaient décidé de se faire la malle progressivement...) ou "Alors comme ça on prend son après midi" (quand on part à 19h un vendredi), ça a le mérite de donner une issue socialement acceptable à l'énervement ou la colère. Et ça muscle.
Ce qui est le plus étrange, c'est de constater que je suis effectivement capable de taper vraiment fort. Mais que quand je mets vraiment de l'intention.
C'est d'autant plus visible sur les "low kick" (coups de pieds au niveau des jambes, en dessous de la ceinture) : pour peu que j'arrive à diriger mon intention vers le fait de taper le pao, fort et de manière efficace, en utilisant bien ma hanche comme pivot - je suis capable de faire bouger les 85 (90 ? 80 ?) kilos de muscles et de tendons de mon sparring partner.

En dehors du fait que ça fait du bien de concentrer un peu son attention, et de se centrer sur quelque chose de très précis - je pense que de boxer aide pas mal pour travailler la confiance en soi.
Bêtement, de me dire que je peux faucher les jambes du type qui m'emmerde dans le métro, même si je ne le ferais probablement jamais c'est une forme de sécurité. Mais pas qu'en situation de "danger".
Je pense aussi que ça aide à devenir plus combatif, et à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Particulièrement quand votre adversaire chausse du 46 fillette.

De boxer, ça réveille quelque chose d'assez amusant chez moi (peut être parce que j'ai tendance au "tout dans l'esprit") : je suis totalement électrisée, et j'en oublie de respirer tellement je suis concentrée. Ce qui a déjà été constaté aussi c'est que je deviens terrienne : je descend mon centre de gravité, je profite de ma taille pour faire un cible plus basse et compacte, et surtout je ne recule que très difficilement. Je me prends peut être pour Gandalf, allez savoir...

Du coup, je tiens mes marges de progression : apprendre à reculer, et apprendre à recevoir des coups (donc travailler différemment que le pied-poing-pao). Repartir avec des bleus, et la fierté d'avoir réussi mon entraînement - parce que ça fait partie de l'apprentissage et de l'exercice.

La suite au prochain épisode. Qui sait, je vais peut être finir par m'inscrire dans un club ?

Combattivement vôtre,

Playne.

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