mardi 1 avril 2014

L'armée romaine est puissante.



Bonjour,

Tous les midis, c’est le même rituel. Sur le coup de midi, midi et demie et treize heures des processions se forment. 



« Qui veut aller à la cantine ? » « On va se chercher quelque chose chez Cojean, qui veut venir ? » « Il est midi…maintenant. » « On arrive dans 5 minutes, allez-y on vous rejoint ».

Pour les amateurs de poulet...
L’appel de l’estomac est lancé. Les hordes de travailleurs affamés se regardent dans le blanc des yeux, prêts à donner leur vie pour un sandwiche au thon mayonnaise.
Comme vous le savez, je travaille dans une tour fort bien équipée et très moderne. On a même une cantine, au premier sous sol. 
Pas que je sois totalement claustrophobe, mais j’ai du mal à rester enfermée toute la journée. Déjà qu’il y a globalement assez peu de temps de pause, je dois avouer que les jours où je vais déjeuner à la cantine je suis malheureuse comme les pierres. Déjà, j’ai du mal avec le côté convivial du sous sol. Il n’y a qu’une table qui bénéficie de lumière naturelle, et manger sous les néons a un charme qui m’est parfaitement étranger. Une fois sur deux, j’arrive à deviner le contenu du menu en passant dans l’ascenseur à midi. Etant végétarienne, les odeurs de poisson ou de rôti de viande non identifiée ne me mettent pas spécialement l’eau à la bouche…
 
Mais surtout, une fois qu’on y est – en dehors du bar à salade – en toute objectivité : ce n’est pas terrible. Pas qu’il y ait spécialement de soucis majeur, tous les légumes sont à peu près trop cuits et les pâtes luisent d’huile. Ceci étant dit, c’est le cas dans de nombreuses cantines.

Le souci, dans le cas d’espèce c’est les tentatives culinaires créatives. La salade froide de petits pois aux membranes de pamplemousse, le flan aux carottes confites et crues, ou encore les pâtes avec des amandes ou la tarte au ciment (impossible à couper, on en a tordu une cuillère, une fourchette et un couteau) sont autant de moments de bravoures auxquels je tente désespérément d’échapper au quotidien. L’avantage, c’est que la cantine est très abordable. L’inconvénient, c’est que vous avez une chance sur deux pour que votre estomac vous déclare une vendetta personnelle qui peut durer plusieurs jours. 

Je pense systématiquement à cette planche d’Astérix et Obélix dans le bouclier arverne, dans laquelle Astérix explique à Obélix que plus la nourriture est mauvaise, plus l’armée est puissante. Obélix en conclut qu’il ne savait pas que l’armée romaine était aussi puissante.
Clairement, ma tour est puissante.

Quand on sait que c’est l’estomac le boss, on repense à deux fois avant d’aller déjeuner dans le premier sous sol de l’enfer.

Sur ce, bonne soirée !

Cordialement,

Playne.

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