jeudi 27 mars 2014

Le jour d'après.

Bonjour,
Hier, j'ai eu la chance infinie de participer à un séminaire organisé pour la branche d'activité à laquelle je suis rattachée. Champagne, petits fours, intervenant extérieur, théâtre, activité de cohésion de groupe...Tout y était.


Après, on adhère ou on n’adhère pas spécialement à ce genre d’évènements. Il y a ceux qui restent pour la conférence, ceux qui partent à la pause, et ceux qui attendent avec impatience la nourriture.
Le plus amusant – comme je travaille dans un métier où la composante sociale est prédominante – c’était d’observer sur le moment le comportement de mes congénères.
On avait un joli clivage : ceux qui faisaient semblant d’y croire, et ceux qui assumaient de ne pas vraiment être dans le truc. C’est un peu comme dans un concert : il y a les groupies du premier rang qui sautent partout et qui n’en peuvent plus ; et ceux qui sont au fond de la salle et qui boivent de la bière en observant la scène d’un œil critique.

Ce matin, on retrouve un peu le clivage – mais il s’exprime de façon différente. Tout le monde a plus ou moins la mine enfarinée, et une de mes collègues est visiblement restée jusqu’au bout de la nuit (elle porte encore sa robe moulante et son chignon compliqué fait maintenant salement la tête…). Mais tout le monde est redevenu totalement sérieux. Oubliés les instants si intenses de la veille, à danser collé-serré sur du « Get Lucky », oubliées les coupes de champagne, oubliés les regards complices et avinés des fumeurs.
 
Les questions rituelles de la matinée semblent être « Alors,  t’as chopé ? » (question adressée à robe moulante) ou « C’est l’avantage de ne pas boire, on se souvient de tout. » / « C’est l’avantage de boire, on ne se souvient pas de tout. » « Pas trop crevé ? » « Non ça va, tu sais j’ai l’habitude de dormir trois heures avec le dossier X alors la soirée… » « J’ai vachement mal au ventre, je crois que j’ai trop picolé hier. » « On fait le point en début d’après midi plutôt ? ».
 
On prend les mêmes, et on recommence, en quelque sorte. Sauf qu’on tente d’être décent en débriefant de la soirée, tout en ne s’avançant pas trop pour que personne ne devine qu’on a trouvé ça pas terrible. Ce qui est un peu délicat quand on débat du twerking d’un chef, de qui a pécho quoi, et de la culotte orpheline de la fin de la soirée. Ceci étant dit, les 3h assis sur une chaise parfaitement inconfortable ont aidé à faire de la conférence précédant l’amusement un moment incroyablement douloureux.
Le véritable débat est de savoir qui est parti quand – pour pouvoir quantifier l’engagement et la motivation, bien entendu – et qui est arrivé le plus tôt ce matin. On ne se refait pas, la compétition peut se faire pour tout et n’importe quoi. Là, mes collègues qui débattent sont en train d’essayer de quantifier qui a le plus bu, en faisant des pondérations en fonction du type d’alcool consommé.

Étant donné que j’ai courageusement fui le moment optimal de la convivialité, je sens bien qu’on m’en veut personnellement. Parce que oui, même si ce n’était pas un moment fantastique il était impératif de souffrir tous ensemble, en équipe…
Je sens que la journée va être folklorique, entre ceux qui avancent un peu zombifiés, et ceux qui compensent leur fatigue par une hyperactivité bruyante (réduisant les premiers dans un état un peu misérable, quand même). Le lendemain de cuite au bureau, ça doit faire mal…

Sur ce, bonne journée !

Cordialement,

Playne.




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