mardi 11 mars 2014

La petite musique intérieure.

Bonjour,

Vous le savez, depuis quelques temps j'essaie de m'inscrire dans une dynamique personnelle plus positive. Capable d'accepter le changement, capable de m'adapter et globalement de mener une existence plus équilibrée. Il y a des choses qui sont faciles à faire.
Fabriquer un smoothie tous les matins par exemple. Découper les fruits, rajouter un peu d'eau, mixer le tout en vérifiant qu'il ne reste pas de morceau de figue congelé au fond du blender n'a rien de compliqué. Le seul véritable point de vigilance, c'est le moment de verser la préparation sans en mettre partout. Ce genre de tâche ne génère aucune musique intérieure.



Ce matin, nous étions supposés nous lever à 6h pour aller courir 6 kilomètres. Sauf que. J'avais mal dormi, je me suis réveillée dans un cauchemar où j'étais en retard pour prendre un train pour un rendez-vous client parce que j'essayais de courir dans le parc des Buttes Chaumont...J'avais trop chaud, je me suis emmêlée dans la couette, la totale d'un réveil à l'opposé d'une fleur sous la rosée.

Résultat il était 6h30, et j'avais un genre de sac à dos de nerfs. Et en toute objectivité, au vu des jolies taches violettes qui parent encore mes genoux, je ne suis pas parfaitement remise de mon gadin dans l'entrée du bureau. Objectivement, j'étais moyennement en état d'aller courir.
Du coup, solution alternative : j'ai fait une séance de musculation. Sur le papier, c'est facile aussi. Il faut sortir le tapis, s'assoir dessus et enchaîner les mouvements.

Je suis tout à fait capable de faire 5 pompes et de tenir 30 secondes (ou plus) de gainage si j'en ai envie. Sauf que là, subitement la musique intérieure s'était mise en marche. J'ai donc subi l'attaque de la Walkyrie de la culpabilité et de la démotivation.
Morceaux choisis :
- "Tu n'es pas allée courir, donc tu fais le flan."
- "Tu n'es pas assez forte pour tenir 30 secondes de gainage sur les coudes."
- "La séance que tu fais ne compensera pas les 6 kilomètres que tu devais courir."
- "En plus, quand tu fais tes levers de jambes, ton dos fait clong-clong."
...etc, etc.
En résumé, ce que mon corps sait faire, mon esprit ne le sait pas à cause de cette musique intérieure qui sent la marche funèbre. A l'écouter, on dirait ma collègue de bureau "ça va être dur" "il faut faire attention, parce que ça ne va pas" "et même si cette fois ça passe, la prochaine ça ne passera pas", "non mais parce que", etc. C'est pénible de travailler avec elle, puisqu'elle voit toujours le verre à moitié vide et susceptible de se renverser à cause d'un coup de vent toutes les trois secondes.

Le plus dur dans l'histoire, c'est de renverser la vapeur et de clouer le bec à la musique intérieure pour la remplacer par un truc du genre :

Épique, hein ?

Ma moitié a le chic pour réussir à trouver l'aspect positif et objectif de chaque chose. Factuellement, j'ai des courbatures de ma séance de natation, et j'ai mal dormi - ce qui n'est pas forcément idéal pour aller courir à l'aube. A la place de "Courir 6km avant d'aller au bureau", alors que je devais arriver à 9h pétantes, j'aurais dû mettre "Faire du sport", qui me laisse plus de souplesse et où je peux choisir de faire une séance de musculation, de la course, de la natation ou de la boxe. Ou plusieurs choses, à des moments différents.

Mon objectif tel qu'il était formulé laisse la place à la musique intérieure, à la voix du "De toute façon c'est trop dur" qui m'empêche de mesurer mes progrès. Il faudrait que je change de disque, certainement.

Affaire à suivre donc, mais je suis certaine de ne pas être la seule dans ce cas, à me laisser dicter des choses par une petite musique insidieuse qui ne m'aide pas. C'est dans la tête, comme on dit.
Si vous avez des techniques pour lutter, je suis preneuse !

Bonne journée,

Playne.

1 commentaire:

  1. Ah comme je la connais bien cette musique intérieure.... Celle qui fait faire des associations d'idées (you know what I mean), ressasser des trucs inutiles et te sentier comme une grosse *biiip*...
    Et y a des jours où ça va mieux quand même, heureusement

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