mercredi 18 juin 2014

Lâcher l'affaire.

Bonjour,

Aujourd'hui on va causer "laisse béton", "laisser pisser" (le mérinos ou non) ou plus élégant "Be like water". L'art du lâcher prise - qui se révèle être loin d'une mince affaire.
Je ne peux que parler pour ma paroisse, mais je ne pense pas trop être la seule dans le cas. Je m'accroche à des trucs. Un idéal de moi, l'idée que certaines choses doivent être immuables, des objets, des souvenirs, des attentes vis-à-vis des autres...un sacré paquet de contraintes, plus ou moins déguisées.

Comme on le dit dans la chanson-obsession planétaire du moment : Let It Go.
Après avoir rigolé comme une baleine au cinéma, parce que oui, j'avais réussi à embarquer manu militari un ami qui avait eu le malheur de dire "on va voir ce que tu veux" - j'ai fini par réécouter cette chanson. De plus en plus régulièrement, grâce à la magie de la version en 24 langages (un petit extrait tout mignonnet à chaque fois).
Évidemment, j'ai fini par écouter un peu en boucle la version en russe que j'aime beaucoup.

Pourquoi cette obsession avec cette chanson ? (En dehors du fait qu'on peut la chanter quotidiennement...)
Quitte à faire dans le grandiose, je pense qu'il s'agit d'un hymne zen. Clairement, dit comme ça, vous cherchez déjà du regard les petites pilules roses. Mais je vous assure, c'est du sérieux. J'ai lu récemment le dernier e-book de Babaunta : The Art of Letting Go, qui explique en détails pourquoi l'art de lâcher prise est une compétence salvatrice. Lâcher prise, mais quand même pas sur tout (faut pas pousser non plus, sinon les règles de vie en société se font la malle et on est mal barrés).
A force d'y penser, ça me rappelle une phrase entendue dans une conférence qui dit un quelque chose du genre de "les plus grands murs, c'est l'esprit".
Je sais que je suis capable de me créer des obstacles mentaux absolument insurmontables. Et que le fait d'attendre que l'autre fasse exactement comme on le veut a souvent un effet tout à fait dévastateur.
J'en parlais avec mon écrivaine de mère vendredi : une de mes tantes, dont j'ai été pendant de nombreuses années très proche, est une femme très, très exigeante. Dans la maîtrise de ses émotions et de son environnement. Quand j'ai eu 25 ans, histoire de célébrer un peu la question on a fait comme d'habitude un grand goûter avec un gâteau au chocolat. Contrairement à d'habitude, certains de mes amis proches sont venus. Évidemment, à grand renfort de cliquetis de verres de jus de pomme j'ai dû me prêter à l'exercice du discours.
Et là, catashtroumph. Je suis plutôt émotive, donc de voir tous mes proches et amis rassemblés pour un évènement très ritualisé (le quart de siècle, oh !) et de faire le bilan du chemin parcouru ont fait que je me suis étranglée avec mes mots. J'ai donc pleuré comme une madeleine, mais de joie. Ce à quoi l'autre m'engueule. Sur le moment j'ai laissé pisser le mérinos (j'adore cette expression, au cas où ce n'était pas perceptible) - en grande partie parce que j'avais mieux à faire (à savoir : me moucher, de préférence pas dans ma manche).
Rétrospectivement, je me suis dit qu'il y avait là un truc à lâcher. Déjà, de mon côté, je travaille à lâcher l'idée que je suis en permanence maîtresse de mes émotions, et surtout à lâcher l'idée qu'il faut que je sois en maîtrise permanente. Et fondamentalement, il n'y a pas mort d'homme si je suis émotive de la feuille. C'est juste plus compliqué pour faire des discours, mais ça n'a rien d'insurmontable au fond. A part peut être pour ma tante qui considère que "maîtrise des émotions" = "force".

Depuis que j'ai identifié la question, j'essaie de moins me faire du mal et d'apprendre à lâcher prise. De ne pas attendre des choses en particulier, d'identifier le moment où je me crée des contraintes inutiles, et surtout d'apprendre à faire le vide. Je vous en reparlerai certainement, mais je suis en train de repenser pas mal de choses dans mon espace de vie - et je pense qu'il faudra certainement faire des avant/après photos à l'appui tellement le changement est saisissant.

En attendant, je vous suggère d'aller éplucher l'e-book de Mr. Babauta. Il répertorie de façon extrêmement simple et efficace ce qui peut être source de souffrance (procrastination, peur, les habitudes, les possessions, les personnalités difficiles, j'en passe et des meilleurs) et des exercices très simples pour s'exercer à lâcher prise. C'est progressif, bienveillant et toujours agréable à lire.

Bonne journée,

Playne.

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