mercredi 25 juin 2014

Saines lectures #2 : The Kaisen Way - One Small Step Can Change Your Life

Bonjour, amis lecteurs,


Ayant depuis peu retrouvé un rythme de lecture honorable (comprendre : j’arrive à lire plus de 5 minutes par jour, et pas le dos du paquet de céréales), j’épluche moult bouquins. Je viens d’en terminer un tout petit qui m’a beaucoup plu. Du coup, je me suis dit que j’allais vous en parler car je pense qu’il peut effectivement aider plus d’une personne.
Le filon « aéroport de Berlin » + « mon père » a donc encore frappé, après un bouquin sur "pourquoi les gentilles filles n'ont pas le bureau d'angle", mon géniteur a dégoté quelque chose en accord avec mes intérêts du moment. The Kaisen Way, qui n’est pas à ma connaissance traduit en français à l’heure actuelle, est un peu loin des livres de développement personnel classiques.
Le principe est très simple : un petit pas peut changer votre vie – et plus on commence petit, plus il est impossible de rater.

Je force un peu mon esprit synthétique, mais le cœur de l’idée est là.
Le bouquin est une belle bête d’une centaine de pages, qui explique de façon extrêmement pédagogique la philosophie du Kaisen et le mode de fonctionnement qui se cache derrière cette philosophie. L’auteur, Robert Maurer (qui a aussi un PhD, ce qui est évidemment indispensable à mentionner) explore les différentes facette du Kaisen : du point de vue de l’individu, de l’organisation (des entreprises qui ont adopté cette philosophie) et surtout au niveau le plus microscopique : celui du processus de changement.
Je pense que j’en avais déjà parlé dans l’un de mes articles ici, mais on souffre d’un écart conceptuel qui fait que le changement nécessite forcément un effort terrible pour passer d’un état à un autre. Comme on le voit souvent dans les magazines féminins, la philosophie du kaizen est loin du « 30 jours pour un ventre plat » ou « 9 minutes pour se tonifier avant la plage » ou « régime des stars : 10 kilos en 10 jours !! ». Radicalement à l’opposé du spectre, en fait.

Quand j'ai lu le bouquin, certains exemples m'ont paru étranges tellement l'effort à consacrer au changement est minime. Par exemple, pour perdre du poids : retirer une bouchée; pour se remettre au sport : se tenir debout sur le tapis de marche. Mais c'est là la force du kaisen : commencer tellement petit qu'on ne peut que réussir, et avancer progressivement à partir de là. Adopter cette façon d'appréhender le changement fait qu'on désamorce la réponse automatique de la petite musique intérieure, et plus précisément d'un morceau du cerveau et qu'on court-circuite la possibilité de se mettre à paniquer. En augmentant très doucement et très progressivement la dose, on finit par rendre le changement imperceptible - et surtout extrêmement durable.
Pour ma part, j'ai commencé à incorporer de petites doses de kaisen dans ma vie de tous les jours :
  1. Je ne bois pas assez d'eau, et je n'ai pas forcément le réflexe de me lever toutes les heures pour aller boire un peu. Du coup, j'ai opté pour une solution très simple : étant donné que je passe l'essentiel de ma vie au bureau, c'est là que je vais mesurer mes progrès.
    J'ai une feuille sur laquelle je compte le nombre d'unités que je bois (eau, thé, jus de fruit). La première semaine, j'ai juste compté le nombre d'unités, avec un gobelet de taille normale. J'oscille entre 7 et 3 unités. Histoire de maintenir cette habitude, j'ai fait varier un seul paramètre : j'ai amené cette semaine un gobelet plus grand que les gobelets en carton dont je me servais jusqu'à présent pour mesurer.
    Si mes calculs sont corrects, je passe d'un litre (partant du principe que je suis à 5 unités en moyenne) à 1,5 litre sans rien changer.
  2. Je procrastine pour mes articles.
    C'est terrible, et plutôt énervant étant donné qu'écrire est quelque chose qui m'amuse beaucoup et qui me fait du bien. J'ai souvent l'angoisse de la page blanche, en me demandant si ce que j'écris est assez intéressant/drôle/important/la réponse D. Ce qui fait que j'ai un rythme d'écriture plutôt erratique, et que j'ai parfois jusqu'à 5 articles à moitié écrits qui n'attendent qu'une conclusion pour être terminés.
    Même si ça paraît idiot, j'ai résolu d'écrire 1 ligne toutes les 3h. Ce n'est pas insurmontable, et j'y arrive tout à fait bien. Ce qui fait que j'ai un rythme de publication plus lent (3 articles par semaine), mais plus régulier. A coups de paragraphes par-ci, par là.
Sur le papier, c'est vraiment très minime comme changement. Mais ça a le mérite de ne pas réveiller les sirènes de la culpabilité, et petit à petit de me créer une collection de mini-réussites qui m'encouragent pour la suite. 
Mine de rien, c'est un changement très important. Et la voie du Kaisen.

Un bon bouquin à lire donc, qui par ailleurs est facile et agréable à lire (même si on a pas l'habitude de lire en anglais je pense). Chaudement recommandé !

Sur ce, bonne lecture,

Playne.

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