jeudi 17 octobre 2013

C’est technique.



Bonjour,

En discutant sociologie des historiens avec un ami en mangeant des sashimis hier soir, il est apparu que parmi les nombreuses branches d’historiens on trouve une branche plus « technique » que les autres : les médiévistes.
Comprendre : ceux qui se sont spécialisés sur l’histoire médiévale. Qui évidemment sont en conflit entre eux pour savoir qui a le plus grand chantier de fouille. Enfin, ça, c’est mon interprétation de la chose. En comparaison, les « contemporains » (ce qui est plus que relatif au sens où contemporain c’est le 19e siècle…) ne sont pas assez techniques, et les « antiquisants » sont sur leur piédestal du temps long.
Bref, tout ça pour vous dire que cette histoire de technicité me trotte dans la tête depuis hier. 

Pour voir la personne assise à ma gauche pester sur son tableur Excel, entendre régulièrement que le domaine sur lequel je travaille actuellement est « technique » car il faut manipuler entres autres un logiciel qui a ses propres règles, voir mon cordonnier remettre d’aplomb une botte en piteux état, ou écouter dans le métro le matin le débat des ingénieurs du chantier d’à côté … Il faut croire que tout est technique. 
Prononcer tècheunique, s’il vous plaît. 

Si tout est technique, de quoi est ce qu’on parle exactement ? L’aspect utilisation d’un quelque chose qui fonctionne sur un ordinateur, les connaissances nécessaires pour utiliser la chose ou le fait d’avoir recours à un outil plus ou moins simple d’utilisation ?
Paradoxalement, l’enseignement technique – par opposition à l’enseignement qualifié de général donne aux élèves « une formation et une qualification professionnelle » orientées vers un secteur ou un métier déterminé d’après mon ami le TLF. Je dis paradoxalement, car pour moi l’enseignement général devrait justement former des personnes en capacité de travailler et de s’orienter vers un métier ou un autre.

Ça me rappelle un entretien que j’avais eu il y a quelques années en début de contrat. Mon supérieur hiérarchique, visiblement chagrin de me l’apprendre, m’annonce que je vais faire « une partie de travail qui n’est …pas du travail de cadre ».
Étant donné que j’étais cadre depuis environ 20 minutes, soit le temps d’arriver jusqu’à son bureau, je lui ai demandé de m’expliquer ce qu’il voulait dire par là. Visiblement, prendre des rendez-vous téléphoniques et organiser des réunions ce n’était pas du travail de cadre (doum di doum).
Dans d’autres situations, j’ai passé du temps au téléphone et organisé des réunions sans que cela affecte pour autant mon statut de cadre loin des considérations techniques et bassement matérielles de la vie. 

Le fait est qu’aujourd’hui, j’aurais bien du mal à vous dire où se trouve la limite. Qu’est ce qui est technique, et qu’est ce qui ne l’est pas à part ma capacité à savoir faire ou non ?

Sur ce, je vous souhaite une bonne après midi,

Cordialement,

Playne.

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