mercredi 9 octobre 2013

Travail de groupe.

Bonjour,

Je suis dans mes papiers aujourd'hui, mais je me suis dit que j'allais faire une pause et vous écrire une petite missive.
J'ai fait une chronique pour un podcast sur le jeu de rôle sur la composition des groupes et la façon dont ils peuvent fonctionner, et je me suis dit que ça pourrait vous intéresser aussi.


Pourquoi est ce que les groupes échouent ?
La première source d’échec est le partage d’informations. Particulièrement la déperdition d’information. 
Savoir partager l'information, c'est quasiment un art. Pour que le groupe fonctionne, il faut partager les faits, mais aussi les obstacles perçus. Que chacun exprime ses opinions, c'est important pour le fonctionnement de chacun - mais aussi du groupe. 

Le manque de cohésion est le second facteur d’échec du groupe. Des visions radicalement opposées finiront immanquablement par entraîner une rupture dans le groupe. 
Le leadership inefficace est aussi une source de difficultés, sinon d’échec. L'important est de savoir comment se fait la répartition du pouvoir au sein du groupe.  

Enfin, la stagnation du groupe est une source d’échec. Un groupe qui ne se réinvente pas, ou qui réfléchit toujours de la même façon ne sera certainement pas à même de surmonter des difficultés d'un genre nouveau. Une question d’innovation, en somme.

 Selon les modèles des chercheurs qui ont étudié la question, il y a plusieurs phases dans l’élaboration du groupe :
1. La phase de formation : où on définit les objectifs, les rôles et les responsabilités et où en général règne une légère confusion.
2. La phase de réflexion : là, on se chamaille. Qui a le plus d’influence, qui prend les décisions, donc potentiellement des conflits.
3. La phase normative : on définit des normes qui permettent au groupe de fonctionner, pour guider les interactions. En général, on arrive plus ou moins à un concensus.
4. La phase de performance : l’énergie du groupe se tourne vers la tâche à accomplir, on est confiant et puisqu’on commence à être pressé par le temps il n’y a plus de conflits.
5. La phase finale : Le groupe projet fait ses bagages et chacun se désengage. C’est dans cette phase là qu’on apprend. 

La performance arrive à la seconde moitié du temps total. Et c'est sans compter tous les problèmes qui peuvent arriver : les conflits, les retards dans l’exécution des différentes tâches, les changements d’orientation, l’inadéquation entre l’objectif initial et le résultat final. Et tout ça, c’est du temps perdu.

Les chercheurs ont identifié différentes choses à prendre en compte quand on consitue un groupe :  
1.       Sa taille : ça peut sembler évident, mais avoir moins de 10 personnes, c’est mieux. La taille optimale du groupe est nécessairement un point de débat, mais les indices laissent penser qu'en dessous de 8 et au dessus de 5, c'est une taille correcte. 
2.       La longévité du groupe : si vous fréquentez toujours les mêmes personnes, des habitudes se forment. Des rôles se créent, et ça devient difficile pour le groupe de performer et d'innover. 
3.       Le temps passé sur la constitution du groupe. Chercher à tout prix à faire des choses si personne n’est capable de s’entendre ne rime à rien.

Si on regarde les ingrédients qui font qu'un groupe fonctionne bien, premièrement, au-delà de la capacité des membres du groupe à être techniquement bons, c'est la capacité d'échange et de partage. Qu'il s'agisse de l'information ou des positionnements de chacun.
La diversité, qui se fait à la fois dans les différences de surface (homme/femme par exemple) et les différences plus profondes (de convictions, de philosophie de vie...qui sont plus difficiles à évaluer). 
La diversité des profils, des sexes, des compétences fait que le groupe dispose d'une capacité d’innovation. Un point de vigilance reste les sous-groupes évidents (par exemples : génération Y vs le reste du monde - ha.ha.).
Pour qu'un groupe soit efficace, il faut aussi qu'il soit centré sur un objectif commun - l'idéal est donc que chacun ait une raison de faire en sorte que le groupe fonctionne.
Peut être un peu paradoxal dans un monde de gestion individualisée, non ?

Cordialement,

Playne. 

1 commentaire:

  1. NB: s'applique aussi aux groupes de 2, a.k.a couples (n'est-ce pas ! )

    RépondreSupprimer