vendredi 25 octobre 2013

Tropiques.



Aloha !

Dit comme ça, on pourrait croire que j’ai envie de partir au soleil. Pas que j’aime bien la grisaille parisienne, mais l’automne et l’hiver étant mes saisons préférées – je n’ai rien contre un peu de temps maussade. Surtout quand il fait vraiment froid.
Sauf que. Car oui, il y a un « mais ». Il fait entre 25 et 27°C dans mon open space. 

Je vous laisse imaginer ce que ça donne, puisqu’il y a quelques jours il faisait 15 degrés, et tout le monde exhibait son « pull de bureau » en comparant à force cris les bienfaits de l’angora ou de la laine polaire (« c’est peut être moche, mais au moins je n’ai pas froid »triomphant).
Résultat, les prières ont peut être été un peu trop bien exaucées, et maintenant on cuit.
Je ne sais pas si vous prenez les transports en commun pour vous rendre sur votre lieu de travail, mais personnellement je crève de chaud. Et de me dire que je vais devoir enlever des couches en arrivant au bureau me paraît être le comble de l’absurdité.

Surtout que pour d’évidentes raisons de sécurité, on ne peut pas avoir d’air frais. On pourrait être tenté de sauter depuis le 23 étage pour sentir le vent sur nos visages…Aucune fenêtre ne s’ouvre, et les stratégies de contournement ont déjà commencé à se développer.
On va discrètement enlever ses collants aux toilettes, on enlève toutes les couches socialement acceptables, les hommes enlèvent leur cravate et agonisent en chemise, on s’évente bruyamment avec le livret d’accueil (seul ustensile cartonné approprié à cet usage), la fontaine à eau est vide et des âmes en peine cherchent un coin de fraîcheur en soufflant.
 J’ai surpris un compagnon d’infortune tropicale à regarder son verre en plastique remplie des dernières gouttes de la bombonne d’eau comme s’il pensait à s’en renverser le contenu sur le crâne. 

C’est vous dire si c’est pénible.
Personnellement, la chaleur ne me réussit pas des masses. Quand j’ai trop chaud, je suis à peu près incapable de penser à autre chose et je me sens ralentie. Et je dégouline. Je suis le genre de personnes qui a une rigole d’eau qui dégouline dans le dos quand je prends le métro avec mon manteau, mes trois pulls et mes quinze écharpes au mois de décembre. Donc là, j’ai l’impression d’être un genre de blob qu’on aurait passé au micro-ondes pour le ramollir. Ou à une feuille de gélatine fondue, comme vous préférez.

Le pire dans l’affaire, ce n’est pas que l’open space se transforme en sauna (enfin, je n’ai pas encore vu quelqu’un se promener avec une serviette éponge autour des reins…) mais c’est que ça finit par empester. Collez entre 60 et 80 humains au même étage, les bureaux ont beau être espacés … ça finit par devenir particulièrement fort en particules odorifères. Je vous laisse imaginer ce que ça donne pour les petites salles de réunion, j’avais les yeux qui pleuraient l’autre jour.


Quitte à ce qu’il fasse 27°C, je préfèrerais peut être me trouver sous les tropiques.

Sur ce,
Bonne fin de semaine,

Cordialement,

Playne.

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