Bonjour,
Vous le savez peut-être déjà : au delà de ce blog j'écris. Avec du papier et un stylo, et pas que pour le boulot, j'entends.
J'écris pour moi, sans ambition particulière (ma mère qui en avait marre d'attendre mon best seller a décidé de se charger de l'écrire) - majoritairement parce que j'aime bien l'exercice.
Écrire, avec du papier et un stylo - dans mon cas une plume - c'est un exercice très différent de l'écriture sur ce blog. Je ne peux pas me corriger, puisque j'écris avec de l'encre noire, et je ne peux pas retravailler a posteriori la cohérence d'ensemble.Ce qui est à la fois un avantage : je peux voir tout ce qui me passe par la tête, et un inconvénient : parfois le fil de mes pensées est vraiment dur à relire tellement c'est fouillis !
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé écrire. Je pense que je devais être une des rares enfants à aimer les exercices pour apprendre à tracer les lettres. Quand j'avais 10 ans, je m'intéressais à la calligraphie et à 12 j'écrivais avec une plume en biseau. Il y a quelque chose qui m'a toujours détendue dans l'exercice, et ça a un côté un peu "magique". On donne du sens à quelque chose, et on peut en apprendre beaucoup en observant la façon d'écrire des uns et des autres. Est ce qu'on appuie beaucoup sur le papier, est ce qu'on fait des ratures, des taches d'encre, du doodling ?
Sur différents papiers, sur des murs, sur des morceaux de bois ou de cailloux. Mais au fil des ans (et surtout, faute d'envie de gribouiller mes grands murs blancs) je me suis essentiellement concentrée sur la plume et les cahiers dont je noircis encore des pages avec une régularité de moine copiste. Je ne sais pas ce qu'un graphologue expert pourrait dire de moi, mais je n'aime pas le vide. J'ai toujours écrit dans mes marges (quelle perte de papier sinon), et quand j'écris pour moi je ne fais jamais de retour à la ligne. Ce qui ne m'empêche pas, quand même, de ponctuer correctement mes phrases.
Ce week-end, j'ai été force courage et ménage de printemps et j'ai trié et jeté un grand nombre de papiers/bouquins/couches sédimentaro-chronologiques diverses et variées et je suis retombée sur un de mes cahiers. Je ne suis pas forcément fana du terme "journal intime" étant donné que je n'écris pas à quelqu'un d'autre, ou à un concept. Même si en pratique, bien que je ne commence pas mes phrases par "cher journal" ou "chère moi dans 10 ans quand tu retrouveras ce cahier après avoir fait du rangement" - j'écris essentiellement sur ce que je fais, ce qui s'est passé dans ma journée et mes rêves d'avenir. Je n'ai pas été déçue du voyage, puisque ce fameux cahier recouvrait une période un peu hybride de ma vie, de ma classe de première à mon entrée en classe préparatoire. Plus ou moins quand j'étais adolescente, on va dire.
Au delà des nombreux conflits imaginaires avec mes parents et mes frangins, souvent à base de "on m'a appelée pour le déjeuner, on brime mes libertés fondamentales" j'avais quand même des idées très arrêtées.
Notamment, j'avais pour projet de nuire à ma professeure d'anglais en expliquant qu'elle racontait des cracks sur ma deuxième patrie et que non, Clinton avait déjà supprimé "God bless America" des discours. Et d'aller m'installer sur le campus de l'ENS pour être tranquille et quitter parents et frangins et goûter à une indépendance sur fond d'économie et de vie estudiantine.
Le plus amusant dans l'affaire, c'est qu'à chaque fois que j'écrivais, je notais à côté de la date (et parfois de l'heure) la ou les chansons que j'étais en train d'écouter. Parfois, j'écoutais des chansons seules (en boucle, ne me demandez pas pourquoi), parfois un album entier pouvait y passer. Je pense que c'est ce qui joue le plus sur ma mémoire, en dehors du fait que le cahier et l'encre sentent toujours pareil une fois la couche de poussière déplacée. A la relecture hier, j'étais replongée dans mon ancienne chambre, mon ancienne vie, et je revivais quasiment avec la même intensité les préoccupations qui furent les miennes.
C'est intéressant d'observer comment on évolue, et finalement je suis contente que ledit cahier ait échappé à mon moi pyromane de ses écrits de mes 20 ans.
Romanesquement vôtre,
Bon lundi !
Playne.
lundi 7 juillet 2014
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