mercredi 23 juillet 2014

Voyage en métro.

Bonjour,

Comme nombre de franciliens (selon l'expression consacrée), je prends les transports en commun le matin et le soir pour effectuer mon déplacement domicile-lieu de travail (selon l'expression consacrée par l'INSEE).
En ce moment, en partie à cause de la fermeture d'une ligne de métro proche, la ligne que je prend est plutôt bondée. Du coup, il est souvent impossible de monter dans une rame - majoritairement parce que je déteste écraser mon prochain et me faire comprimer en retour. Particulièrement quand il fait près de 40°C à l'extérieur.

Quand j'étais petite, que le métro soit plein ou non, ma maman réussissait toujours à nous faire monter dans la cabine du conducteur. C'était génial, même si nous n'avions en général jamais le droit de faire ce qui était le plus amusant : toucher à tous les boutons et tirer sur toutes les poignées.
Hier matin, je me suis dit que même à plus de 8 ans, ça se tentait. Du coup, j'ai fait mon trajet avec un monsieur qui s'appelle Olivier*.

Et j'ai appris plein de trucs.
Qu'il y a trois systèmes de freinage différents dans les métros parisiens, selon l'âge du métro. Je ne pensais pas que c'était du solide aussi solide : les "vieilles" rames ont bientôt 50 ans - et il y a de la maintenance hein : ce ne sont pas les rames à l'identique.
Le freinage c'est du pneumatique, donc ça s'use et la grande préoccupation du conducteur c'est la sécurité.
Lors de la prise de poste (à 5h15 pour Olivier* hier) il y a un check up complet : la première chose qu'on vérifie, c'est les freins car moyennant un peu d'inertie au moindre frein faiblichon le train joue aux auto-tamponneuses avec le précédent. Ensuite, il remonte la rame de bout en bout pour vérifier l'état des portes, des portes entre les wagons, des attaches, et voir si le train a été dégradé (tags, vitres, ...).
Dans les nouveautés qui différencient les métros actuels de leurs ancêtres, et les améliorations il y a un système qui permet d'arrêter automatiquement le train si le conducteur démarre au feu rouge en station (rapport aux auto-tamponneuses) et une ouverture à gauche dans la cabine du conducteur. Sécurité oblige.

La grande crainte d'Olivier*, c'est l'avarie. Il y a des procédures de sécurité à suivre impérativement, et elles peuvent prendre plus ou moins de temps selon qu'il s'agit d'une avarie légère ou lourde. C'est pour cela que les conducteurs de métro n'annoncent en général pas de temps avant de repartir : il n'est pas possible de prévoir le temps des réparations, même si avec l'expérience Olivier* arrive toujours à donner une fourchette. Le pire, c'est quand l'avarie ne permet plus de maintenir la sécurité des passagers, auquel cas, la rame repart à vide (en général au son des râleries des usagers).
Le but de la manoeuvre quoi qu'il arrive est de dégager la voie pour que les trains qui suivent ne soient pas ralentis.

On oublie trop souvent qu'il y a des humains qui font partie de l'envers du décor quotidien...Alors qu'il suffit de demander pour que très souvent on vous réponde "bien sûr, montez !".

Bon mercredi !

Playne.


* Parce qu'en cherchant dans le dictionnaire des prénoms au hasard, je suis tombée sur Olivier.

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